Entrevue avec Céline Dion
Je ne tiens jamais rien pour acquis. Avant de partir, je me demandais si le public serait au rendez-vous. Après tout, rien ne l'y oblige L'industrie de la musique a énormément changé ces dernières années. À Vegas, j'étais hyperprotégée. Là, je reprends mon élan et je vole de mes propres ailes. Mais c'est une grande surprise pour moi de voir le public aussi nombreux. C'est un privilège d'avoir une longévité de carrière comme la mienne. Sûrement, peut-être, très possible. Évidemment, je n'ai jamais pris le temps de revenir en arrière pour réécouter mes premiers disques pour voir les changements... Mais il y a une évolution dans tout. Dans le corps, l'âge, la maturité, la texture de la peau, la sagesse. J'ai 40 ans Il est normal qu'un instrument change, pour le meilleur ou pour le pire. La résonance de ma voix est forcément différente. J'évite de trop réfléchir à cette question. Quand j'ai commencé, je pensais beaucoup technique, je mettais en place une carrière. J'étais ma première critique, j'avais beaucoup de choses à prouver à moi-même, à ma famille, à l'industrie du disque. Donc je mettais la barre assez haut. Aujourd'hui, je veux surtout prendre du plaisir, avec les erreurs ou non, les failles ou non. Il existe des choses encore plus importantes que la technique ou la perfection. Il faut avant tout chercher à atteindre des moments de bonheur. C'est sans doute ça, la maturité. On se permet de se laisser aller. Et pourquoi pas? Si je m'écoutais, je ferais beaucoup de reprises. J'aime chanter les chansons des autres. Freddie Mercury, pour moi, c'est l'un des plus grands performeurs de l'histoire du rock. Et même au-delà. La voix, le charisme, la fantaisie, se dédier corps et âme pour l'amour de la musique jusqu'à la mort. Entrer dans le monde noir comme le velours de Freddie Mercury, sans en subir les conséquences, c'est un plaisir que je m'offre. Comme celui de m'acheter un très, très gros rubis. Bien sûr. À Londres, je n'ai chanté qu'une seule chanson en français, S'il suffisait d'aimer de Jean-Jacques Goldman. À Paris, il y aura au moins 10 titres en français. J'ai cette liberté de pouvoir dire: «Voilà, là je m'en vais devant un public francophone, donc je vais changer mon répertoire.» Et inversement quand je chante devant un public anglophone. C'est un bonheur, j'aurais pu être uniquement une Américaine qui essaie de chanter en français avec un grand accent. Je peux faire les deux.Libellés : Nouvelles et Potins